Un outil bien utilisé

Je joue de la guitare, et je suis toujours ouvert aux découvertes dans le domaine. L’an dernier, il m’en est venu une grande : Tommy Emmanuel. Un Australien dont je n’avais jamais entendu parler, mais qui semble maintenant gagner beaucoup en popularité. Il joue à travers le monde, plusieurs soirs par semaine, et se distingue entre autres par son jeu à la fois très technique et mélodique, mais aussi par l’utilisation de la guitare comme instrument de percussion. L’été dernier, à la Place des Arts de Montréal, je suis tombé sous le charme.

L’autre soir, j’ai revu Tommy à la télé : PBS lui consacrait une émission spéciale. J’ai retrouvé toute l’énergie dont j’avais profité en spectacle, mais j’ai pu regarder l’homme de plus près. L’homme et ses instruments. Et ce qui m’a frappé, c’est de voir à quel point la guitare qu’il utilise, en particulier dans la pièce Initiation, est ravagée par son jeu. À force d’être grattée, tapochée, frappée, elle a non seulement perdu son vernis à bien des endroits, mais la table d’harmonie, le dessus de la guitare, semble près d’être carrément trouée.

J’ai été stupéfait de voir quelqu’un « maltraiter » sa guitare de la sorte. Évidemment, c’est justement cette maltraitance qui permet d’emmener l’instrument dans de nouvelles directions et d’éblouir ceux qui écoutent. La guitare, finalement, n’est qu’un outil pour faire de la musique. Quand l’outil est usé, on le change, mais la musique ne s’arrête pas. Je me suis alors demandé : Dans mon travail, dans ma vie, quels instruments, quels outils est-ce que je pourrais brusquer de la sorte pour ouvrir de nouveaux horizons?

Et vous, avez-vous un outil que vous utilisez jusqu’à le démolir ?

Christian

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