« This blog post is in French »

L’autre jour, je cherchais un magazine en français sur la course. Je farfouille dans les étalages de mon marchand de journaux pour finalement trouver… Running Attitude, qui, comme son nom ne l’indique pas, est un magazine produit en France. Peu impressionné, je laisse le truc à sa place. (J’ai depuis découvert KMag, un excellent magazine québécois gratuit que l’on trouve dans les boutiques de course et de sport.)

J’adore la langue anglaise. Elle est unique par sa concision, son pouvoir d’évocation, sa malléabilité qui en fait un outil fantastique pour décrire de nouvelles réalités ou faciliter son adoption. Sous la plume des grands écrivains, elle scintille de justesse, elle touche à l’essentiel. En tant que traducteur et grand lecteur de l’anglais, je comprends très bien son pouvoir d’attraction.

J’adore aussi la langue française… et pourtant non, ce n’est pas tout à fait ça. Je l’aime, mais c’est différent, parce que j’en suis trop proche. C’est ma langue, tout simplement, je la respire, je la vis : elle m’est presque aussi fondamentale que le sang qui coule dans mes veines.

C’est pourquoi ça me chagrine tellement lorsque je constate la place que font à l’anglais les médias français. Prenez le mensuel Books, par exemple. Cet excellent magazine sur les livres, basé à Paris, propose des dossiers intelligents et un regard pertinent sur les enjeux culturels et sociaux. Alors pourquoi ce nom anglais? Allez savoir. J’avoue que « Livres » aurait fait un peu simple, mais il y avait certainement moyen de trouver quelque chose de brillant en français. Ce choix relève-t-il d’un calcul destiné à créer la nouvelle, ou bien l’adoption de l’anglais est-elle à ce point chose faite dans les médias français?

Sur le site du quotidien Le Monde, la section « Le Desk » permet aux abonnnés de suivre les actualités. Le site Web du diffuseur français TF1 se nomme « MyTF1 » (et les nouvelles y sont sous l’onglet « MyTF1News »…). SAns compter qu’il y a longtemps qu’une bonne partie des pubs qu’on voit dans les magazines français arbore un slogan anglais accompagné d’une astérisque. Le message est clair : Vous voulez du français? Allez voir en bas, à côté des modalités de paiement mensuel… il fallait bien qu’on le mette quelque part!

On parle souvent de la qualité du français au Québec en termes assez durs. Je ne ferai pas de commentaire là-dessus aujourd’hui, mais il me semble qu’une des choses dont on peut être fiers, en tout cas, c’est de la rigueur et de l’inventivité dont font preuve nos médias, nos entreprises de communication et nos organismes publics lorsque vient le temps de trouver des titres, des slogans ou des termes qui nous rejoignent… dans notre langue. Le plus souvent, c’est fait dans un esprit d’amour du français, et ça, ça me plaît énormément.

One Response so far.

  1. […] This is exactly what happened to my colleague Christian Bergeron a year ago. In this blog entry, “This Blog Post is in French,” Bergeron talks about the rise of English in France’s media, and contrasts this phenomenon […]

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