La magie d’Andy Goldsworthy

Connaissez-vous Andy Goldsworthy? Pour moi, ce nom évoque des paysages magiques dans lesquels on trouve des spirales colorées faites de feuilles ou de galets, des assemblages de branches se reflétant dans un plan d’eau calme, des murs de pierre aux parcours poétiques. C’est que le matériau de base de cet artiste, c’est la nature.

Goldsworthy construit des installations temporaires avec les objets qu’il trouve sur place, dans la nature. Dans la forêt, il crée des serpents jaunes ou rouges en feuilles échappées par l’automne. À la surface d’un étang, il invente un réseau de feuilles longues et vertes, et remplit quelques-uns des espaces entre elles de baies rouges: le tout constitue un assemblage qui évoque à la fois l’art japonais et Mondrian. Sur la prairie, il installe une forme faite de fleurs qui contrastent avec la végétation environnante. Pierres et bois de marée sur une plage deviennent un nid, une arche, un trou noir…

L’été, lorsque matières et couleurs sont abondantes,tout est prétexte à faire une oeuvre. De la brindille à la plume en passant par le sol lui-même, la palette est généreuse. Goldsworthy utilise même la pluie pour créer des «ombres» inversées, en couchant une personne sur le sol avant que les gouttes ne commencent à tomber. Lorsque la personne se relève, il reste  une forme fugitive et pâle, belle et fragile comme la vie. L’hiver, l’artiste travaille avec la neige et la glace, produisant des oeuvres plus dépouillées, plus sobres.

Les yeux ouverts

Ce qui me fascine dans la démarche de cet homme, c’est son caractère presque magique. À la manière d’un illusionniste qui cache un moment un objet et nous émerveille rien qu’en le faisant réapparaître, Goldsworthy dévoile une splendeur qui était cachée, ou plutôt qui était là, mais que nos regards parfois trop pressés, trop formatés, peinaient à voir. En produisant ses créations, c’est comme s’il enlevait un voile sur un petit bout de nature.

La beauté est là, elle nous entoure en tout temps, nous dit Goldsworthy. L’émerveillement est à nos pieds, toujours accessible. Si on vient à l’oublier, il n’y a parfois qu’à réorganiser un peu les choses pour s’en rappeler.

Mots-clés

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *