Un saut à Bologne

Fin septembre, j’ai eu la chance de faire un saut à Bologne, en Italie, afin de visiter CERSAIE à titre de représentant du magazine Intérieurs. CERSAIE? C’est un salon international de céramique pour l’architecture. Très intéressant, bien que parfois répétitif. La céramique imitation bois fait fureur, et on en voit partout. Mais les fabricants qui font preuve de créativité se démarquent et proposent des produits parfois intrigants, comme ceux-ci:

Mais je voulais aujourd’hui dire un mot sur Bologne elle-même, rester dans le cœur serré de la ville, et ne pas me perdre dans sa banlieue proche, où se trouvait le site de la foire.

La ville est reconnue pour ses arcades qui bordent presque toutes les rues d’une certaine importance. Elle abrite aussi de nombreux anciens palazzi devenus immeubles d’habitation ou de bureaux, mais qui en imposent toujours au passant, comme ils doivent le faire depuis des siècles, par leur présence massive et leurs somptueux détails architecturaux.

Bologne est faite de rues surprenantes et douces, dans lesquelles on peut se perdre en sachant qu’il sera toujours facile de se retrouver, puisque la trame urbaine suit librement une structure orthogonale. Ses rues recèlent beaucoup de petits trésors, comme ce serpent qui m’a beaucoup plu, et qui servait peut-être autrefois à attacher son cheval.

Ville universitaire, Bologne semble très jeune. On y marche avec plaisir au milieu de gens occupés à se parler: ils conversent avec agitation en marchant, en mangeant à l’une des tables qui parsèment les trottoirs, en attendant l’autobus, ou simplement assis à un banc ou appuyés contre un mur. J’ai été frappé par cette exubérance de la parole, qui me semblait contraster beaucoup avec les rues québécoises!

Mais on y trouve, évidemment, des lieux de silence, comme la charmante abbaye Santo Stefano, dont l’origine remonte au Ier siècle, et dans laquelle, moi qui ai étudié l’architecture médiévale, j’ai vu quelque chose que je n’avais jamais vu: une petite église dans laquelle on trouvait des fenêtres pourvues de « vitraux » en pierre! Oui, de minces plaques de pierre translucide qui laissaient passer une faible lumière teintée d’orange.

Autre endroit qui impose le respect: le Théâtre anatomique, salle d’enseignement de l’anatomie de l’ancien département de médecine de l’université. (Cette dernière, en passant, est la plus vieille au monde, ayant été fondée en 1088.) Il s’agit du premier endroit où l’on a pratiqué la dissection de cadavres dans un contexte d’enseignement. Entièrement revêtue de bois, cette grande salle aménagée en gradins comporte aussi une découverte surprenante: les sculptures des Écorchés qui soutiennent le baldaquin de la chaire du professeur. Assez impressionnant.

Bologne, évidemment, est aussi célèbre pour sa boustifaille: sauce et pâtes régionales, charcuteries, parmesan, vinaigre balsamique traditionnel… Mais ce sera peut-être pour une autre fois! Voilà une ville qui n’attire pas autant que ses voisines Venise et Florence, mais qui mérite de s’y attarder.

Une réponse so far.

  1. J’ignorais que tu as séjourné en Italie pendant un certain temps! Merci bien pour ce compte rendu. Le Vieux-Québec me semble très européen sur le plan architectural et artistique. Pas surprenant de voir tant d’architectures et œuvres d’art à Bologne et dans d’autres localités italiennes.

    Je rêve à visiter l’Europe, sauf que je ne sais pas trop quand je peux y aller. Bientôt, j’espère! 🙂

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